Modifier les DNS peut suffire à rendre une navigation plus stable, à corriger certaines lenteurs d’ouverture de pages et à reprendre la main sur la façon dont votre téléphone traduit les sites en adresses IP. En pratique, je vois surtout trois cas utiles: améliorer le confort de navigation, renforcer un peu la confidentialité et, parfois, contourner un résolveur qui répond mal. Je vais vous montrer comment procéder sur Android et iPhone, comment choisir un serveur pertinent et surtout ce qu’il faut vérifier si le réglage semble ne rien changer.
Ce qu’il faut retenir avant de toucher aux DNS
- Changer de DNS agit sur la résolution des noms de domaine, pas sur la vitesse réelle de votre fibre ou de votre 5G.
- Sur Android récent, le réglage passe par DNS privé et s’applique à tous les réseaux compatibles, y compris le mobile.
- Sur iPhone et iPad, le changement se fait réseau Wi‑Fi par réseau Wi‑Fi.
- Les options les plus simples restent Google Public DNS, Cloudflare et Quad9.
- Si tous les appareils du foyer sont concernés, la box ou le routeur est souvent le meilleur endroit pour agir.
Pourquoi modifier les DNS peut améliorer le confort de navigation
Un DNS, c’est l’annuaire qui traduit un nom comme exemple.fr en adresse IP. Sans ce mécanisme, votre téléphone saurait où aller, mais beaucoup moins vite et beaucoup moins confortablement. Quand le résolveur DNS de l’opérateur répond lentement, se trompe ou filtre un peu trop, le symptôme visible est souvent banal: un site qui met du temps à s’ouvrir, une page qui charge à moitié, ou un service qui refuse de se connecter alors que le Wi‑Fi semble correct.
Je préfère être précis sur ce point: un DNS ne rend pas votre connexion plus rapide au sens physique. Il réduit surtout la latence au moment où le téléphone cherche l’adresse du site. C’est utile, mais ce n’est pas magique. Si le signal Wi‑Fi est faible, si la box est saturée ou si votre forfait mobile est limité, changer de résolveur ne fera pas disparaître le problème de fond.
- Utile si les pages mettent du temps à démarrer alors que le débit global est correct.
- Utile si vous voulez un DNS plus discret ou plus filtrant que celui de l’opérateur.
- Peu utile si le vrai souci vient d’un Wi‑Fi instable, d’un câble défectueux ou d’une box vieillissante.
- À ne pas confondre avec un VPN: un VPN masque et reroute beaucoup plus de trafic, alors que le DNS ne traite que la résolution des noms.
Une fois ce cadre posé, la partie la plus concrète consiste à choisir le bon réglage selon le système utilisé, et c’est là que la méthode Android diffère nettement de celle d’iPhone.

Changer les DNS sur Android sans se tromper de menu
Sur Android récent, je conseille presque toujours de passer par DNS privé. Le principe est simple: votre téléphone utilise un résolveur chiffré via DNS over TLS (DoT), ce qui protège les requêtes DNS sur les réseaux compatibles. L’avantage, c’est que le réglage s’applique à tous les réseaux, y compris la connexion mobile, sans devoir refaire la configuration à chaque Wi‑Fi.
Sur Android 11 et plus
- Ouvrez Paramètres.
- Allez dans Réseau et Internet, puis DNS privé.
- Sélectionnez Nom d’hôte du fournisseur DNS privé.
- Entrez le nom d’hôte du service choisi, puis validez avec Enregistrer.
Pour un usage standard, je trouve que dns.google, one.one.one.one ou dns.quad9.net sont les options les plus simples à mémoriser. Si votre téléphone accepte directement le nom d’hôte, c’est souvent la méthode la plus propre; si l’interface vous demande des adresses IP, il faut alors saisir les valeurs du fournisseur choisi.
Sur Android 9 et 10
Le chemin reste très proche: Paramètres > Réseau et Internet > DNS privé. La différence, c’est surtout l’interface du fabricant et quelques variantes de menu. Là encore, le DNS privé fonctionne sur les réseaux compatibles, y compris la data mobile. C’est précisément ce qui en fait la solution la plus intéressante pour un téléphone qu’on utilise dehors, en déplacement ou en partage de connexion.Lire aussi : Wi-Fi 7 - Faut-il vraiment changer votre routeur ?
Sur les versions plus anciennes
Sur certains Android plus anciens, il faut parfois passer par la fiche du réseau Wi‑Fi, puis modifier les paramètres IP de façon plus manuelle. C’est une voie plus fragile: elle peut casser les portails captifs des hôtels, gares ou cafés, ces pages qui demandent une connexion préalable avant d’ouvrir Internet. Je la réserve aux cas où vous n’avez pas d’alternative plus propre, parce qu’elle demande plus de prudence et se gère moins bien au quotidien.
En pratique, si vous utilisez un smartphone récent, le chemin via DNS privé reste celui que je recommande en premier. Sur iPhone, la logique est plus fragmentée, car le réglage se fait réseau par réseau.
Modifier les DNS sur iPhone et iPad réseau par réseau
Sur iPhone, le changement se fait en général dans les réglages du Wi‑Fi, pour la seule connexion concernée. Autrement dit, si vous passez d’une box maison à une autre Wi‑Fi, il faudra répéter l’opération sur chaque réseau où vous voulez garder ce DNS personnalisé. C’est moins pratique qu’Android, mais cela reste simple une fois le bon chemin trouvé.
- Ouvrez Réglages, puis Wi‑Fi.
- Touchez le bouton d’information i à côté du réseau connecté.
- Descendez jusqu’à Configurer DNS.
- Passez en mode Manuel, puis ajoutez un ou plusieurs serveurs DNS.
- Supprimez les anciens serveurs si nécessaire, puis enregistrez.
Si vous ne voyez pas le menu attendu, vérifiez d’abord que vous êtes bien sur la fiche du réseau en question et non dans un autre sous-menu. Ensuite, choisissez le serveur DNS qui colle vraiment à votre usage, parce que la meilleure configuration reste celle qui correspond à votre besoin réel.
Quel serveur DNS choisir selon votre usage
Je préfère raisonner en fonction de l’objectif plutôt qu’en fonction de la mode. Tous les DNS publics ne servent pas le même besoin: certains privilégient la simplicité, d’autres la confidentialité, d’autres encore le filtrage de domaines malveillants. Voici la sélection que je trouve la plus utile pour un usage grand public.
| Service | Adresses principales | Nom d’hôte chiffré | Ce que j’en attends |
|---|---|---|---|
| Google Public DNS |
8.8.8.8 / 8.8.4.4
|
dns.google |
Une solution simple, stable et très répandue. |
| Cloudflare 1.1.1.1 |
1.1.1.1 / 1.0.0.1
|
one.one.one.one |
Un bon choix si vous cherchez un DNS rapide et discret. |
| Quad9 |
9.9.9.9 / 149.112.112.112
|
dns.quad9.net |
Un DNS orienté sécurité, avec blocage de nombreux domaines malveillants. |
Si votre priorité est la vitesse perçue et la simplicité, Google Public DNS ou Cloudflare suffisent souvent. Si vous cherchez un niveau de protection supplémentaire contre des domaines connus pour l’hameçonnage ou les malwares, Quad9 est plus intéressant. Et si votre besoin est plus familial, Cloudflare propose aussi des variantes filtrantes comme security.cloudflare-dns.com ou family.cloudflare-dns.com, ce qui peut éviter de multiplier les applis de contrôle.
Je garde toutefois une règle en tête: le meilleur DNS est celui qui ne casse pas votre usage. Si un serveur bloque trop de choses, provoque des lenteurs sur certains sites ou gêne les portails captifs, il vaut mieux revenir à une configuration plus classique.
Les erreurs qui font croire que le réglage ne fonctionne pas
Quand une modification DNS semble inefficace, le problème vient souvent d’un détail banal plutôt que du serveur lui-même. Je vois revenir les mêmes pièges, et ils se corrigent presque toujours en quelques minutes.
- Vous avez changé le DNS sur un seul Wi‑Fi alors que vous testez la connexion mobile ou un autre réseau.
- Vous n’avez pas déconnecté puis reconnecté le Wi‑Fi après la modification.
- Un VPN ou un profil de sécurité reprend la main sur la résolution DNS.
- Le réseau utilise un portail captif et le DNS personnalisé bloque la page de connexion.
- Vous attendez un gain de vitesse global alors que le DNS ne touche qu’à la traduction des noms.
- Vous avez saisi un hostname dans une case qui attendait une IP, ou l’inverse.
Ma méthode de contrôle est assez simple: si le téléphone reste capricieux, je remets d’abord le DNS en automatique pour voir si tout rentre dans l’ordre. Si c’est le cas, le serveur choisi est probablement en cause. Si le problème persiste, je regarde plutôt la box, le Wi‑Fi ou le VPN, parce que le DNS n’était sans doute pas le vrai coupable.
Cette logique de test devient encore plus utile quand tout le foyer utilise la même connexion, car dans ce cas il faut parfois agir à la source plutôt que sur chaque appareil un par un.
Quand la box mérite plus d’attention que le téléphone
Si votre souci concerne tous les appareils du foyer, modifier le DNS sur le téléphone n’est qu’un pansement. Dans ce cas, il est souvent plus propre de changer le DNS au niveau de la box internet ou du routeur, parce que le réglage s’appliquera à tous les équipements reliés au réseau local: smartphones, tablettes, consoles, téléviseurs connectés et ordinateurs.
| Situation | L’endroit le plus logique pour agir | Pourquoi |
|---|---|---|
| Un seul smartphone pose problème | Téléphone | Le réglage reste ciblé et facile à revenir en arrière. |
| Tous les appareils du foyer sont touchés | Box ou routeur | Le changement devient global et plus cohérent. |
| Vous utilisez souvent des Wi‑Fi publics | Téléphone | Le DNS suit l’appareil partout où vous allez. |
| Vous voulez un filtrage familial stable | Box ou DNS filtrant sur les appareils | Le contrôle est plus homogène sur tout le réseau. |
Je vois souvent des gens modifier à la fois le DNS, le mode avion, le VPN et parfois même les réglages de proxy, puis ne plus savoir ce qui a réellement changé. Je conseille l’approche inverse: un seul réglage à la fois, un test, puis seulement ensuite un second ajustement si nécessaire. C’est plus lent sur le papier, mais beaucoup plus fiable dans la vraie vie.
Le bon réflexe pour garder la main sur votre connexion
Si je devais résumer ma méthode en une phrase, je dirais ceci: commencez par le réseau qui vous pose problème, choisissez un DNS adapté à l’usage, puis testez avant d’aller plus loin. Sur Android récent, la voie la plus simple passe par DNS privé; sur iPhone, le réglage Wi‑Fi réseau par réseau reste la référence; et si tout le foyer est concerné, la box mérite souvent la première intervention.
Je garde aussi un réflexe très simple avant de modifier quoi que ce soit: noter ou capturer l’ancien réglage, puis revenir dessus si le comportement ne s’améliore pas. C’est le genre de petite précaution qui évite de transformer un ajustement utile en dépannage interminable. Sur un smartphone, la bonne configuration est souvent celle qu’on sait corriger aussi vite qu’on l’a appliquée.
